D'un côté, il y a les sorciers
blancs qui font figures d'autorité, qui contrôlent et régulent cet univers où la
magie existe en parallèle de la société béjaune (formée des humains sans pouvoir). D'un autre côté, il y a les sorciers noirs, vivant dans la clandestinité, qui sont
traqués par les blancs. Entre les deux, il y a Nathan, mi-noir et mi-blanc, né
d'une union entre une sorcière blanche et LE sorcier noir le plus recherché.
Nathan vit depuis toujours sous les contraintes imposées par les blancs,
contraintes qui s'accentuent sans cesse... jusqu'à ce qu'elles le conduisent dans une cage.
À quel moment le bien cesse-t-il
d'être le bien ? Jusqu'où peut-on aller pour prétendre faire le bien ? Est-ce que les
sorciers noirs, vivant dans la clandestinité, sont tous nécessairement
mauvais ? Est-ce que toute personne porte une part d'ombre en elle ?
L'auteure, Sally Green, réussit à
susciter toutes ces réflexions à travers ce récit portant sur la sorcellerie.
Bien que le thème de la sorcellerie et des créatures de l'ombre ait été maintes fois exploité en littérature jeunesse, cette histoire en explore une nouvelle
facette. Il y est beaucoup plus question de l'opposition et de l'attitude de
divers groupes de personnes aux idéologies différentes. Ce qui n'est pas
sans rappeler l'actualité récente, plusieurs conflits à travers le
monde.
Le récit, narré à la première
personne, dévoile peu à peu toutes les alliances, les oppositions et les
intrigues définissant ce monde, par l'intermédiaire de la perception de Nathan au cœur de
l'action. Sa propre vision de son monde évoluera au fil de ses rencontres avec
les protagonistes des différents clans. Son emprisonnement, associé aux séances
de torture, constitue le pivot de l'histoire. C'est le moment où le récit
bascule et où le doute s'installe. Où se situe le bien dans tout ça ?
Pour Nathan, sa planche de salut, afin de survivre à la torture, est l'indifférence. L'auteure illustre ce
détachement par l'utilisation du pronom « tu » dans la section du livre
portant sur son emprisonnement. Ce procédé stylistique, de même que les
nombreux retours en arrière, ajoute à la richesse du récit fertile en
rebondissements. D'ailleurs, la seconde partie du roman enchaîne rapidement les
intrigues, les machinations et les péripéties. L'auteure exploite très bien le
concept de la dualité, et ce, autant dans la trame générale de l'histoire, où elle oppose les
sorciers blancs aux sorciers noirs, que dans la personnalité et dans les motivations
de chacun de ses personnages.
Bref, ce premier tome (d'une
trilogie annoncée) a comblé mes attentes bien au-delà de ce que j'espérais pour
une énième histoire de sorcellerie. C'est un récit
sombre, complexe, haletant et intrigant.
Public cible : 2e cycle du secondaire
Préparé par Anne-Marie Roy, bibliothécaire
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