mercredi 18 février 2015

Half Bad, la traque blanche (tome 1), écrit par Sally Green

D'un côté, il y a les sorciers blancs qui font figures d'autorité, qui contrôlent et régulent cet univers où la magie existe en parallèle de la société béjaune (formée des humains sans pouvoir). D'un autre côté, il y a les sorciers noirs, vivant dans la clandestinité, qui sont traqués par les blancs. Entre les deux, il y a Nathan, mi-noir et mi-blanc, né d'une union entre une sorcière blanche et LE sorcier noir le plus recherché. Nathan vit depuis toujours sous les contraintes imposées par les blancs, contraintes qui s'accentuent sans cesse... jusqu'à ce qu'elles le conduisent dans une cage.

À quel moment le bien cesse-t-il d'être le bien ? Jusqu'où peut-on aller pour prétendre faire le bien ? Est-ce que les sorciers noirs, vivant dans la clandestinité, sont tous nécessairement mauvais ? Est-ce que toute personne porte une part d'ombre en elle ?

L'auteure, Sally Green, réussit à susciter toutes ces réflexions à travers ce récit portant sur la sorcellerie. Bien que le thème de la sorcellerie et des créatures de l'ombre ait été maintes fois exploité en littérature jeunesse, cette histoire en explore une nouvelle facette. Il y est beaucoup plus question de l'opposition et de l'attitude de divers groupes de personnes aux idéologies différentes. Ce qui n'est pas sans rappeler l'actualité récente, plusieurs conflits à travers le monde.

Le récit, narré à la première personne, dévoile peu à peu toutes les alliances, les oppositions et les intrigues définissant ce monde, par l'intermédiaire de la perception de Nathan au cœur de l'action. Sa propre vision de son monde évoluera au fil de ses rencontres avec les protagonistes des différents clans. Son emprisonnement, associé aux séances de torture, constitue le pivot de l'histoire. C'est le moment où le récit bascule et où le doute s'installe. Où se situe le bien dans tout ça ?

Pour Nathan, sa planche de salut, afin de survivre à la torture, est l'indifférence. L'auteure illustre ce détachement par l'utilisation du pronom « tu » dans la section du livre portant sur son emprisonnement. Ce procédé stylistique, de même que les nombreux retours en arrière, ajoute à la richesse du récit fertile en rebondissements. D'ailleurs, la seconde partie du roman enchaîne rapidement les intrigues, les machinations et les péripéties. L'auteure exploite très bien le concept de la dualité, et ce, autant dans la trame générale de l'histoire, où elle oppose les sorciers blancs aux sorciers noirs, que dans la personnalité et dans les motivations de chacun de ses personnages.
 
Bref, ce premier tome (d'une trilogie annoncée) a comblé mes attentes bien au-delà de ce que j'espérais pour une énième histoire de sorcellerie. C'est un récit sombre, complexe, haletant et intrigant. 

 
Public cible : 2e cycle du secondaire
 
 Préparé par Anne-Marie Roy, bibliothécaire

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